Chats percheurs - La rencontre entre Chris Marker et M. CHAT racontée par Louise Traon

16 octobre 2013 par Louise

Suite de notre série en hommage à Chris Marker. Louise Traon fait aujourd’hui le récit de la rencontre et de la collaboration entre Chris Marker et Thoma Vuille, le street artiste créateur de M. CHAT.

http://creative.arte.tv/

« daté du... 19 janvier 2038 à 4h14 du matin.

Pour un spécialiste des voyages dans le temps, c'est impressionnant. Ce serait d'ailleurs une bonne illustration du paradoxe temporel. Si je vous disais (puisqu'il y a de fortes chances que vous passiez un jour par cette date et cette heure) de veiller à ce qui s'y passera, ce serait une façon d'y attirer votre attention, et par conséquent c'est moi qui déclencherais dans le futur l'événement du présent... Encore un anneau de Moebius dont on ne sort pas. »
Chris Marker

C’est l’hiver et il fait déjà nuit. Quelques expéditions sont nécessaires à la survie de l’espèce. Thoma enfile une veste et installe sur son dos un gros sac. Il sait où il va. Il avait repéré en journée non loin de la porte de Clignancourt un échafaudage et des cheminées qui offraient de belles perspectives. Arrivé aux pieds de l’immeuble il grimpe sur cette structure métallique en prenant garde de ne pas faire trop de bruit. En un rien de temps il est arrivé au sommet et toute une série de toits s’ouvrent à lui. De ces moments de liberté, Thoma en parle encore avec exaltation, "Le désert des toits parisiens… Les rêves des habitants endormis qui s’échappent en fumée des conduites d’aération, l’ivresse du dépassement… L’éphémère illusion de ne faire qu’un avec l’immensité, et puis le vent glacé, la pesanteur, le vertige, à nouveau l’adrénaline et quand la conscience de soi revient, l’impression opposée de n’être qu’un minuscule grain de poussière". Le bras tendu, il trace un cercle du bout de son pinceau, le remplit de jaune puis en délimite les contours en noir. Rien de compliqué dans la technique, rien non plus d’inabordable dans le matériel employé, 3 pots de peinture acrylique jaune, noire, blanches et un pinceau pour chaque pot. C’est aussi ça qui le motive et qu’il trouve magique, qu’avec trois fois rien en comparaison aux campagnes publicitaires officielles, avec un peu de volonté, n'importe qui peut inscrire son personnage, son logo, dans l’imaginaire des gens. C’est déjà une belle leçon. Cette nuit, à compter d’une heure par peinture, six cheminées se sont coiffées d’un CHAT jaune et souriant.

Sur sa patte, Thoma s'est fait tatouer un CHAT et son année de naissance, 1997. Depuis cette date, il peint sans arrêt, toutes les nuits. Il m'a souvent raconté que lorsque l'on croit en une idée, qu'on la répète, on modèle peu à peu son entourage de telle sorte que finalement l'image que l'on projette vers l'extérieur vous revient lorsque parfois on vient à en douter. Thoma rêve de rassembler tous les humains, tous différents qu'ils soient, de trouver un sujet fédérateur. Le CHAT est pour lui une monnaie d’échange. Il dit mettre son ego de côté pour favoriser l’appropriation par d’autres. L’image se veut donc collective. Qu'elles sont les motivations ? Y a-t-il un message derrière ce visuel ? Il ne propose pas d'explications prémâchées, ce qui oblige à prendre position, on aime, on n'aime pas, on essaie de comprendre et finalement on fait fonctionner sa créativité pour combler le "vide de sens". Pour une fois l'attention n'est pas concentrée sur le parcours du ou des créateurs, il n'y a pas besoin de connaître l'historique du CHAT pour y être sensible. Derrière la simplicité d'un sourire peint sur un mur se cache en fait la représentation imagée d'un état d'esprit, d'une attitude, d'une aspiration philosophique. La reproduction en série d'une même image produit un effet de répétition, une perturbation visuelle et finit par occuper un certain espace dans notre géographie cérébrale. Espace qui trouve un écho dans notre entourage et devient plus concrètement un microphénomène social. C’est à peu près en ces termes que Thoma envisage son programme, qui n’est pas celui d’un parti mais qui est pour sûr utopiste et militant.

De film en film Chris Marker a acquis une indépendance technique qui a fini par faire ressembler son studio à un décor de Star Trek. L'avantage, c'est que depuis la vidéo il peut par ses propres moyens réaliser un film de A à Z sans rien demander à personne. Marker tient beaucoup à cette indépendance qu’il s’est forgée : jamais un impératif "marchand" n'a pesé sur ses « petites entreprises » - il se qualifie souvent de bricoleur. « Je pratique sans ostentation un anarchisme tranquille, qui me permet de traverser sans trop d'écorchures les chemins piégés de cette société », écrira-t-il à Thoma. C’est dans ce contexte-là que Marker publie dans le journal Le Parisien une annonce à qui apercevrait le sourire du CHAT. Armé de sa caméra DV et des pistes lancées par quelques informateurs, le cinéaste s'est mis en chasse. Rue de Belleville, Ecluse du canal Saint-Martin, gare d’Austerlitz, gare Montparnasse, île de la Cité, la cueillette des CHATS est fructueuse et un street-movie dans le Paris de l’après 11 septembre commence à prendre forme. Pas d’explication, pas de commentaire, il n'a rien voulu y mettre qui pût "mordre" sur le film que Thoma pourrait faire, ou qu'on fera un jour sur lui et où il livrerait toute la saga du CHAT. Il s’est délibérément situé dans la posture du découvreur naïf qu’il était jusqu'à ce qu’ils commencent à correspondre. Dans les premières images de ce qui deviendra le film Chats perchés et dont Marker a partagé ses montages par envoi de DVD, Thoma y voit immédiatement un regard particulier. Il est sensible aux humains qui se mélangent aux animaux, à Boléro, aux pigeons qui s'envolent dans le couloir du métro. Il s’aperçoit aussi qu’ils ont en commun beaucoup de coins de Paris. Pour Thoma, le chat est à observer dans le regard des autres et Marker est justement en train de traiter ce sujet de cette manière-là. Toutes ces anecdotes emprises de quotidien humanisent l'image, nourrissent l'énigme et contribuent à créer un "flou artistique" sur l’identité de l’auteur. Les prises de vue simples de Marker le touchent par leurs enchaînements complexes qui ouvrent à une multitude d'interprétations. Chacun y prend ce qu'il veut y voir et le secret reste préservé. « Où êtes-vous, Marker ? », se demande rapidement Thoma dans leurs échanges. Un peu partout un peu nulle part aurait pu répondre Marker.

Les réactions de Thoma frappent le cinéaste qui détecte dans ses messages une complète absence de vanité. Après tout c'est aussi un film sur son œuvre et la plupart des "artistes" dans ces cas-là se préoccupent d'abord de savoir s'ils ont été, ou non compris et suffisamment complimentés et en règle générale, ils ne le sont jamais assez. On a en effet l'impression que cet aspect des choses ne l’intéresse pas, ne le concerne pas. Il tient pour acquis le codage-décodage du CHAT et il s'agit de passer tout de suite à l'essentiel, c'est-à-dire l'objet et le monde qu'il décrit ou dont il est le produit. « C'est assez rare pour être relevé, et ça me donnerait une raison supplémentaire, s'il en était besoin, de vous l'avoir dédié », lui écrit-il. Au moment où le peintre avait peur de se lasser du chat, qu’il se fasse attraper ou qu’il soit mis au ban de la cité avec les graffitis et les tags, le regard du cinéaste s’est imposé naturellement et lui a redonné du poil de la bête. Il avait enfin la liberté et la légitimité d’une action pour laquelle il n’avait plus à se justifier. De cette rencontre, on pourrait ne pas parler de hasard mais plutôt de programme. Thoma a peint dans l’anonymat pendant 10 ans pour qu'un jour quelqu’un le remarque. Ces peintures sont des bras tendus, des appels à l’autre et Marker a l’œil pour voir les signaux des cultures nouvelles, en marge. Il sait faire éclore ces talents souterrains et fédérer les énergies de tout un réseau et le symbole du CHAT, simple et joyeux, s’y prêtait particulièrement bien.

D’une Communauté Harmonieuse des Artistes Taciturnes, l’acronyme CHAT est devenu grâce à Marker une Confédération Humaniste et Anarchiste des Travailleurs. Marker était le seul à avoir ressenti l'essence révolutionnaire du graffiti félin. En 2003, Thoma s’est retrouvé au cœur d’une manifestation face à la caméra qui diffusait instantanément les images dans les téléviseurs de toute la France. Le capteur était pour lui un œil et il dit avoir "voulu se laisser aspirer dans ce trou noir, cette porte pour traverser l'espace". Il s’est laissé entraîner par le mouvement de la foule sans vraiment savoir où elle le conduisait. Et puis fidèle à cette maxime d’on ne sait qui et qu’il aime répéter, « Observe, Assimile, Reproduit », il s’est mis à construire des banderoles et des pancartes. Marker qui suivait les premières manifestations anti-Le Pen remarque sur son écran derrière PPDA, un CHAT accroché sur un tasseau de bois que brandissait vigoureusement un manifestant. Guillaume en Egypte, le chat orange, l'alter-ego du cinéaste, qui s'est mis lui aussi à agiter au-dessus de sa tête une pancarte du CHAT, redonne alors à Thoma la vision de quelque chose qu’il ne croyait plus possible. L'actualité et en particulier le mur qui est en train de s'ériger en Israël interpelle de plus en plus le jeune artiste qui affirmait avec enthousiasme, « Si je trouve le moyen de m'y rendre des chats fleuriront sur cet horrible édifice et de leurs sourires grinnant revigoreront les populations opprimées, nargueront les militaires imbéciles à la plus grande joie des enfants qui voient leurs horizons se murer... Recréer un support d'imagination là où elle n'est quasiment plus possible... ». On lui propose aussi un programme visant à l'éducation démocratique au Kosovo, l'occasion pour lui d'aller apprendre aux enfants des ethnies différentes à peindre ensemble des chats jaunes. À l’humeur contestataire de Thoma, Marker répond par un envoi du Fond de l’Air est rouge en lui rappelant que tous les vrais révolutionnaires qu'il a connu furent des hommes patients.

Pour Thoma, un jeu de piste existe encore entre les mailles du filet et le CHAT doit se multiplier. Tant de félins pour un seul homme, ça ne devenait plus possible, il fallait une association, un collectif. Il rêve d’attaquer la tour Eiffel et ses 50 000 visiteurs par jour, en déployant une banderole géante qui puisse être vue du Trocadéro. L'artiste fougueux propose à chaque fois à Marker de participer à ses actions. Ce dernier lui répondra qu’il se trompe de siècle... « En d'autres temps, j'étais toujours partant pour les projets loufoques - mais c'étaient d'autres temps. Outre le fait, très concret, que sans en faire une histoire les lois de la biologie font que je n'ai aucune chance de vivre assez longtemps pour terminer tout ce que j'ai entrepris ». Il l'encourage néanmoins à entreprendre pour son compte la conquête de Paris par les Chats. En attendant, en 2004 Marker offre à Thoma l’occasion de peindre Le plus gros CHAT du monde sur le parvis du Centre Pompidou et de participer avec Guillaume en Egypte à l’élaboration d’un numéro spécial du journal Libération. Cette fois-ci c’est Thoma qui émet quelques réserves. Passer de la totale clandestinité à une relative présence, que ce soit à Beaubourg ou à Libération fait planer sur lui une ombre de suspicion, "est-ce que je compose avec EUX ?". À ce doute Marker répond qu’il n'aurait pas poussé dans ce sens s’il entrevoyait la moindre nuance de récupération et d’ajouter que c’est au contraire une bonne méthode révolutionnaire : utiliser les structures de l'ennemi là où elles peuvent céder, pour affirmer sa propre existence sans transiger sur l'essentiel.

Thoma écrit comme il parle. Autant dire qu’il écrit beaucoup. Marker ne corrigeait plus les fautes d’orthographe de Thoma et finissait je pense par trouver ça poétique. Il était à la fois pris de tourment à l'idée d’encombrer Marker et pressé de lui raconter les moindres détails de ce qu’il vit et de ce à quoi il aspire. Il a commencé par la genèse du chat, les coups de crayons maladroits d’une petite pakistanaise en difficulté scolaire lors d’un atelier de dessin dans la périphérie Orléanaise et la silhouette du chat souriant qu'elle lui a tendu. Penser qu'historiquement, le tout premier grinning cat, celui de Lewis Carroll, est né de la rencontre d'un révérend mathématicien et d'une petite bourgeoise victorienne qui vivaient des revenus d'un Empire intégrant ce qui ne s'appelait pas encore le Pakistan... Dans le genre boucle bouclée, il est difficile de faire mieux. Ces rubans de Moebius de l'Histoire avaient tout pour plaire à Marker pour qui l'énumération des aventures du Chat donnait envie d'en connaitre tous les détails. « Bien entendu, ce que vous m'en dites reste strictement entre nous. J'ai seulement informé quelques amis proches que le contact avait été établi, ce qui les a grandement réjouis, le reste est couvert par le secret-défense des chats. », ajoute-t-il. De l’origine du CHAT, Thoma passe à ses origines, et l’artiste découvre que son arbre familial, arbre du blason de sa famille suisse qui revient souvent dans ses dessins, abrite une poignée de personnages qui avait marqué l'esprit du cinéaste dont une écrivain sulfureuse du nom de Anne-Marie Scharzenbach. Encore un point qui plaît particulièrement à Marker. Côté généalogie et blason, le cinéaste est curieux mais apprécie néanmoins les zones de mystère. Il propose à Thoma de créer une adresse courriel à Anne-Marie pour y poster ses ardents récits.

Thoma s’est accroché à Marker comme un chat s’accroche à une branche. D’autres diront qu’il cherche chez son aîné l’image d’un père ou d’un grand-père disparu. C’est une chose importante la famille pour Thoma, celle dont il rêve mais aussi dont il cherche l'héritage. "J'ai envie d'en savoir sur vous autant que vous semblez vouloir en savoir sur moi. », lui écrivait-il. Thoma l’appelait « son maître » et si Marker l’avait su, il aurait sûrement détesté. Chris fut l’un de ceux qui ont adopté Thoma et Thoma fut l’un de ceux que Chris a adopté. Car Chris a plusieurs enfants adoptifs. Et ce n'est pas parce qu'aucun papier ne peut attester cette filiation qu'elle n'est pas réelle. On comprend bien pourquoi l'héritage du cinéaste est si douloureux. Même Marker, qui semble être libéré de toutes ces attaches familiales et ne parle jamais du passé, livre à Thoma « l’enfance » de son cinéma militant en confessant avoir eu l’impression d’être son père lui racontant la bataille de Verdun, « ce que, et c'est tout à son honneur, il n'a d'ailleurs presque jamais fait”, ajoute-t-il. Thoma a pensé un moment illustrer l'amitié de Guillaume en Egypte et du CHAT par un jeu de masques interchangeables, Guillaume portant un masque de M.Chat et vis-versa. Finalement cette amitié a pris la forme de deux chats perchés sur des échasses, bras-dessus bras-dessous, au dessus de la ville, la tête dans les étoiles et les nuages.

Sur les conseils de son "maître" et au nom des Chats perchés, Thoma a fait plusieurs fois le tour de la planète pour peindre. Il revenait avec des vidéos et des photos au grand plaisir de Marker qui n’avait plus le temps ni l’envie de prendre l’avion alors que les rames du métro lui offraient toute l’histoire de l’art en une après-midi, pour le prix d’un ticket. Macao, Hong Kong, New York, Saigon, Séoul, Tokyo, Sao Paulo, Dakar, Pristina… Sur sa route, alors que les CHATS commençaient à créer un réseau d’optimisme international, un ami lui a parlé d’un "plan Marker", « si Chris Marker, qui n'est pas n'importe qui dans le cinéma français et qui ne consacre pas son temps à n'importe qui, t'envoies ici, c'est qu'il a un plan! ». Thoma savait que ce plan n'existait pas de manière prémédité mais qu'il se mettait en place au fur et à mesure et se révélait par lui-même, par la force des choses. Ce n’était donc pas un plan, plutôt une hypothèse de travail : Les allées et venues de Chats perchés à travers le monde pourraient être le support inespéré d'un élargissement de la saga du Chat à l'échelle de la planète, dans des conditions que ses seuls moyens ne permettaient pas d'envisager tout de suite. Il semble que l'opération New York répondait particulièrement bien à ce que Marker prévoyait.

Thoma et son CHAT sont entrés dans la galaxie Marker et comme un chat qui grimpe à un arbre, il est très difficile d’en redescendre. Marker l’a très bien compris. Monsieur CHAT devait maintenant s’en sortir en étant sa propre réfénce. Ainsi était venu le jour où Thoma dû découpler la carrière du CHAT de celle du film. L’invitation de l’artiste ne devint plus une condition pour les projections. il y avait non seulement la place mais la nécessité d'un autre film qui serait le sien où il raconterait l'aventure dans tous ses détails avec tous ses échos, The return of the grinning cat si on veut. À l’arrivée, indépendamment des sorties télévisées, les deux pourraient même faire un programme cinéma, pourquoi pas ? Marker rêve même avec Thoma d’un cinéma entièrement consacré au Chat, ou aux chats en général, le Feline Palace, le Kat-mandu, où on les célébrerait toute l'année. Son histoire mérite aussi un livre avec plein d'images, les chats de Nantes et de l'île de Ré, les premières esquisses, les copies, les détournements. Si le CHAT doit prendre son envole, Marker suggère encore à Thoma quelques pistes, comme ce CHAT que la SNCF a effacé à Austerlitz pour lequel il suggère la riposte historique d'aller en peindre un autre sur la gare de Waterloo...

Thoma s’essaye un temps au métier de galeriste, « si j’avais su qu’un jour je serais du côté des marchands ». Il élargit sa pratique jusqu'alors clandestine à de nouveaux univers et se frotte aux institutions culturelles où il questionne les lieux de conservation. « Mais ne vous inquiétez pas je n’exposerais pas de tableaux du chat, pas dans un lieu de commerce, pas dans un lieu où l’économie gouverne… les chats aiment à étirer les poils de leurs pinceaux sur les crépis des murs. Pas de toiles donc, les chats appartiennent à la rue et les rues appartiennent aux chats… », explique-t-il à Marker tout en sachant très bien que la toile est un passage obligé pour tous les peintres de rues ou d’ailleurs. Le CHAT doit devenir immatériel, être récupéré, démultiplié. Les produits dérivés en commençant par les t-shirt voient le jour et prennent le chemin de la Corée où un ami a décidé d’y développer ce qui pourrait être la troisième vie du CHAT, plus industrielle que les précédentes. "Never a dull moment" disait Marker, autrement dit, on ne s'ennuie pas avec le CHAT. Décidément neuf vies ce n'est pas assez. De ses voyages en Asie, Thoma rapporte à Marker en échange d’un verre de Vodka à son retour, du thé aux champignons de longévité. Mais il sait bien qu’il est déjà immortel. Pour ce qui est du temps qui passe, le vent a d’ailleurs piqué les deux Chats perchés sur leurs échasses dont Thoma avait collé le dessin juste à côté de chez son ami. C’est un destin noble, on les imagine caracolant au milieu des nuées. On peut laisser faire la nature ou demander à ses voisins, qui l'entretenaient quand c'était encore possible, de tout effacer...

Dans: presse web